5 octobre 2010

Méga projet touristique : Oued Chbika, près de Tan-Tan



Un nouveau très grand projet touristique voit le jour dans le Sud marocain. Après le désembourbement du dossier de Taghazout (voir La station de Taghazout relancée - Redémarrage des travaux en 2011) et avant le démarrage du village écologique de Tifnit (L'eco village de Tifnit dès 2011 dans la Parc national de Souss Massa), on assiste au début des travaux de la station prévue à l'estuaire de l'oued Chbika, à 50 km au sud de Tan-Tan (cliquer sur la carte de gauche pour l'agrandir). Chbika fait partie de l'extention du Plan Azur (Le Plan Azur dans le Sud : Mogador, Taghazout et Plage Blanche).

Ce lieu est difficile d'accès par la route. D'Agadir, il faut compter un trajet de près d'une journée pour parcourir 400 km ! Mais il y existe un aéroport (au centre), il y fait chaud toute l'année et il s'agit d'un site naturel hors pair : l'océan voisine avec le désert (à droite).


Le bord de mer constitue un refuge pour les oiseaux migrateurs, abritant des populations considérables de flamants roses (à gauche). Le promoteur s'est engagé à préserver ces trésors de la nature, lui qui a justement choisi ce site en raison de ses particularités géographiques et naturelles, pour en faire une destination exclusive.

Le projet de Chbika est porté par la branche Hôtels et tourisme (http://www.orascomdh.com/) du puissant groupe égyptien Orascom (www.orascom.com/), présidée par Samih Sawiris (au centre). Son frère Nagib dirige le domaine des télécommunications et son autre frère Nasif le secteur du bâtiment. Les trois entités du groupe Orascom représentent à elles seules 40% du chiffre d'affaires de la bourse égyptienne.

En 2007, Orascom avait signé, devant le roi Mohammed VI, un accord avec le Gouvernement marocain, ainsi qu'un contrat avec la Caisse marocaine de dépôt et de gestion qui apportait un financement de 35% dans la corbeille de la mariée. L'investissement total se montera à terme à sept milliards de dirhams, soit l'équivalent d'un peu moins de 700 millions d'euros. A la fin de l'an dernier, une cérémonie avait été organisée sous l'égide du ministre du tourisme de l'époque, Mohammed Boussaid (à droite), devenu entre-temps gouverneur de la Région Souss Massa Drâa (voir Ouf, le wali Rachid Filali remplacé par Mohammed Boussaid). Le permis de construire ayant été accordé, les travaux démarrent ces jours.


Selon Orascom, la première phase verra l'aménagement de 500 des 1'500 hectares prévus le long de l'oued et en bord de mer (à gauche et au centre). Elle comprendra cinq des huit hôtels envisagés et quelque 1'100 constructions. D'après des sources marocaines, Chbika devrait abriter d’ici 2015 une marina de 100 anneaux, un parcours de golf de 27 trous, une médina, un musée, un quartier de l’artisanat, des commerces.

Le prix des appartements est fixé à 2 millions de dirhams en moyenne (un peu moins de 200'000 euros). Les villas coûteront entre 7,6 millions et 12,8 millions de dirhams. Quant aux riads, ils seront proposés à partir de 2,6 millions de dirhams et les haciendas (terrains à construire sur une durée de 10 ans) de 4'000 à 5'000 m2 à partir de 1,8 millions de dirhams. Quelque 15'000 emplois devraient être générés.

Un incident s'est produit lors de la construction de la nouvelle route destinée à relier Tan-Tan au site retenu. Des tumulus d'origine pré-historique ont été découverts il y a seulement quelques années au bord de l'oued (http://www.prehistoire-du-maroc.com/loued-chbika-et-le-bord-de-mer.html). Mais des ouvriers non informés ont mis à mal ces tombeaux à antennes formés de pierres plantées dans le sol qui constituent la particularité du site (à droite - lire aussi http://bokbot.e-monsite.com/rubrique,oued-chbika-tumulus,1127511.html). Le halte-là a toutefois été mis à ce saccage involontaire.



Orascom compte parmi les plus grands aménageurs de stations touristiques intégrées dans le monde. Actuellement, outre le Maroc, elle exploite ou réalise des projets en Egypte (à gauche la station d'El Gouna www.elgouna.com/Home~SectionID~17~Lang~fr.html, ainsi que dans le Sinaï www.tabaheights.com/, entre autres), à Oman (www.salalahbeach.com/), aux Emirats arabes unis (www.thecove-uae.com/), en Jordanie, ainsi qu'en Suisse.

Samih Sawiris investit en effet dans les Alpes suisses. Au pied du col du Gothard, il est en train de transformer le village d'Andermatt (au centre - www.andermatt-swissalps.ch/) en une destination elle aussi exclusive, comportant hôtels, appartements (à droite), golf, centre sportif et commercial. La branche Hôtels et tourisme du groupe Orascom est d'ailleurs une société de droit helvétique. Ayant une base en Europe, elle y développe d'autres projets, aux Cornouailles, dans le Sud de l'Angleterre, ainsi qu'au Monténégro.

4 octobre 2010

Nouveau Stade d'Agadir : pas avant 2012 ! Marrakech inauguré avant



Décidément, les travaux de construction des nouveaux stades marocains de football n'avancent pas rapidement ! Les Marocains, qui se montrent beaucoup plus critiques par rapport aux délais non tenus qu'on ne l'imagine à l'étranger, n'ont pas oublié que le stade de Fès (à gauche et dont l'architecture est intéressante, puisqu'elle comporte des éléments typiquement marocains) a été inauguré en 2003 mais qu'il a fallu attendre quatre ans pour qu'une rencontre de football s'y déroule !

Les travaux du nouveau stade d'Agadir, eux, ont commencé en 2004. L'inauguration aurait dû intervenir d'ici peu (voir Le nouveau stade d'Agadir devrait être achevé fin 2010, mais... et Foot : Raja, nouveau stade d'Agadir et Marouane Chamakh). Désormais, c'est toutefois la date de fin 2011 qui est avancée officiellement (voir la vidéo du centre). Les fous de foot ont donc immédiatement traduit : ce sera au tout plus tôt en 2012... La monumentale entrée (à droite) est en tout cas d'ores et déjà achevée.

Pourquoi ces retards ? Parce que le Maroc escomptait organiser la Coupe du monde 2010 et que l'attribution de la compétition à l'Afrique du Sud a mis entre parenthèses les projets de nouvelles infrastructures. On peut d'ailleurs comprendre cet échelonnement de dépenses quand on fait la spectaculaire addition des chantiers en cours dans le pays ! Citons ici uniquement Le Maroc en TGV : Tanger-Casablanca-Marrakech-Essaouira-Agadir et Energie éolienne : le Maroc fait tourner ses hélices à toute vitesse.



Le stade de Marrakech (visionnez la vidéo de gauche), lui, s'ouvrira en janvier 2011, selon l'annonce officielle qu'a faite le ministre de la Jeunesse et des Sports, Moncef Belkhayat. Les Marocains ont tôt fait d'y voir la copie conforme du stade de Gênes (Genoa, en Italie). Et il est vrai que la ressemblance est troublante (au centre la maquette du stade de la Ville ocre). Ce complexe doté d'équipements ultramodernes comprend un parking de 7'500 places, quatre accès spécialisés pour handicapés, 31 points de restauration et... 1'400 palmiers.

Toujours selon le ministre, le stade de Tanger (à droite) ouvrira ses portes le 29 décembre prochain. De sorte que la candidature du Maroc pour l'organisation de l'édition 2015 ou 2017 de la Coupe d'Afrique des Nations (CAN) prend de la consistance. Reste toutefois à concrétiser le nouveau stade de Casablanca (voir Nouveau Grand Stade de Casablanca en 2013 pour le Raja et le WAC) qui, aux dernières nouvelles, ne sera pas disponible avant 2015.

3 octobre 2010

Du café de dattes bientôt produit du côté d'Erfoud dans le Tafilalet ?



Réputée être la plus vaste du monde (mais sans doute y a-t-il d'autres prétendants à ce titre), la majestueuse palmeraie du Tafilalet (à gauche) est en tout les cas la plus grande du Maroc. Elle a la forme d'un triangle dont la base au Sud mesure une douzaine de kilomètres et la hauteur 20 km. Dernière grande oasis avant le désert, cette "mer de palmiers" entoure la ville de Rissani (agrandir la carte du centre), proche d'Erfoud, et s'étend à l’ensemble de la vallée des fleuves Ziz et Gheris.

La région vit essentiellement de la culture des palmiers-dattiers. Mais ce capital millénaire est menacé, notamment par l'extension du bâti due à l'explosion démographique (à droite). Des mesures importantes viennent d'être prises par les autorités (voir mon message Deux fois plus de dattes à Ouarzazate et dans la Vallée du Drâa), afin de sauvegarder et de développer cette culture.



Premier signe concret du renouveau initié, les dattes Majhoul du Tafilalelt (à gauche) viennent d'obtenir l’indication géographique protégée (IGP), à l'image de l'huile d'argan (L'huile d'argan enfin protégée par un label IGP), ce qui devrait permettre Inchallah de mieux rétibuer les petits producteurs.

Les marchés de niche doivent aussi être explorés. C'est ainsi que deux experts patronnés par la multinationale alimentaire Kraft qui les emploie (www.kraftfoods.fr/kraft/page?PagecRef=1) et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) viennent d'aider une coopérative de Jorf, près d'Erfoud, à élaborer et fabriquer du café produit avec les noyaux de dattes. L'ingénieur allemand Ralph Schmidt et la biologiste espagnole Ana Maria Martin Mosquera (au centre) ont établi un procédé de fabrication standardisé et réparé d'anciennes installations de torréfaction, de façon à améliorer la productivité. Il reste encore du travail à réaliser jusqu'à ce que le café de dattes du Tafilalet arrive dans les magasins. Mais la voie est ouverte en vue d'une exploitation supplémentaire des fruits du Phoenix dactylifera (à droite).

2 octobre 2010

PlanetSolar, plus grand bateau solaire du monde, bientôt à Tanger



Le catamaran géant PlanetSolar (à gauche) vient d'entamer le premier tour du monde d'un bateau solaire. Le départ a eu lieu lundi après-midi de Monaco, où le prince Albert (au centre) a souhaité bonne chance à l'initiateur du projet, Raphaël Domjan. Le propriétaire du bateau, l'Allemand Immo Stroeher (à droite), a largué les amarres, tandis que les yachts du port monégasque actionnaient leur corne de brume.

Parce que l'homologation officielle d'un record comme celui que tente PlanetSolar est une affaire sérieuse, des scellé ont été posées sur les prise de charges et le groupe de secours. Le bateau devra couper toutes les lignes de longitudes, traverser deux fois l'équateur et revenir à son point de départ avec les batteries chargées au même niveau que lors du départ soit à 93%.


D'une longueur de 30 mètres sur 15, le catamaran flotte sous pavillon helvétique (à gauche). On y a adjoint celui du mouvement olympique, pour en montrer l'implication universelle. PlanetSolar prend la direction de l'Atlantique (au centre). A l'heure où j'écris ces lignes, l'embarcation solaire croise au large de Formentera, dans les Baléares, ainsi que l'indique le site http://www.planetsolar.ch/ qui donne en direct la position du bateau. Un jeu Virtuel Reggata permet de suivre le bateau autour du monde; 21'000 skippers en herbe s'y sont déjà inscrits. Sa dimension n'est pas seulement ludique. Il sert à développer les stratégies des futures navigations solaires et hybrides.

La météo s'annonce agitée dimanche, mais Planet Solar devrait en principe mouiller lundi à Tanger, pour une rapide escale destinée à prouver que le bateau aura touché les cinq continents. Le Maroc aurait pu abriter une vraie escale à dimension médiatique et à fort pouvoir de sensibilisation à l'environnement. Hélas, Le Maroc a manqué l'occasion d'être associé au bateau PlanetSolar en se montrant peu entreprenant, alors qu'Agadir, voire Essaouira, aurait pu bénéficier de ces retombées.

Quoi qu'il en soit, PlanetSolar vogue vers Miami. Que de chemin parcouru depuis l'été 2003, lorsque le projet a été lancé et depuis mars 2006 quand il fut annoncé publiquement lors d'une conférence de presse que j'ai eu le plaisir d'animer. J'ai d'ailleurs retrouvé tout par hasard sur le site http://www.solarnavigator.net/planet_solar_french.htm une photo (à droite) où je me trouve, ce jour-là, aux côtés de Raphaël Domjan. Ma bonne santé m'ayant lâché, j'ai dû quitter le bateau. Cela ne m'empêche pas d'être aujourd'hui très heureux pour le tenace initiateur du projet : il avait un rêve, il l'a réalisé !
Related Posts with Thumbnails